DPE électrique en 2027 : votre logement gagne peut-être une classe
Un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2026 change la formule qui sert à calculer le DPE des logements chauffés à l’électricité. Résultat : environ 300 000 logements vont changer d’étiquette au 1er janvier 2027. Aucun radiateur n’aura été remplacé (LocService, 2026).
Que change l’arrêté, et à quelle date ?
- 26 août 2026 : publication de l’arrêté au Journal officiel (texte intégral sur Legifrance). Le coefficient de conversion de l’électricité, utilisé dans le calcul 3CL du DPE (la méthode officielle qui transforme la consommation réelle en « énergie primaire »), passe de 1,9 à 1,7. Le gaz et le fioul restent à 1. Rien ne change dans le bâti. Seule la formule bouge.
- Dès maintenant et jusqu’au 31 décembre 2026 : période de transition. Les DPE édités aujourd’hui utilisent encore l’ancien coefficient. Vous pouvez déjà simuler l’effet du futur calcul sur votre logement.
- 1er janvier 2027 : le coefficient 1,7 s’applique partout. À tous les DPE, ceux qui existent déjà comme ceux à venir. Aucune nouvelle visite d’un diagnostiqueur. Aucun frais. Une attestation rectificative est délivrée automatiquement via l’Observatoire DPE de l’ADEME.
- Après 2027 : les effets se propagent sur le marché locatif, la vente, et les aides à la rénovation. Certains logements sortent mécaniquement des classes F ou G. Le calendrier de la loi Climat et Résilience continue en parallèle : les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis janvier 2025, ceux classés F suivront en 2028.
Que faire avant la prochaine échéance ?
Pas besoin d’attendre janvier pour savoir où vous en êtes. Récupérez d’abord votre numéro ADEME. C’est un identifiant à 13 caractères, inscrit en haut de votre DPE actuel. Avec ce numéro, deux options s’offrent à vous.
- Consultez l’Observatoire DPE de l’ADEME pour retrouver votre diagnostic existant.
- Testez le scénario avec le coefficient 1,7 sur un simulateur comme portail-dpe.fr, qui recalcule l’étiquette sans attendre l’échéance officielle.
Les logements les plus concernés sont tout-électriques et proches d’un seuil de classe. Un F qui frôle le E. Un G qui touche le F. Pour eux, le changement peut suffire à faire basculer la lettre. À l’inverse, un logement déjà bien classé, ou chauffé au gaz, ne bougera pas.
Un point mérite d’être clarifié. Il revient souvent dans les témoignages de propriétaires : ce n’est pas parce que vous branchez plus d’appareils électriques que votre DPE se dégrade. La méthode 3CL retient des usages conventionnels, pas votre consommation réelle. Un studio qui « empire » après l’ajout d’un lave-linge, comme le racontent certains forums, relève souvent d’une différence d’appréciation entre diagnostiqueurs. Pas du calcul lui-même.
Si votre logement sort d’une classe F ou G sans que vous ayez rien fait, ne rangez pas le sujet isolation pour autant. Le coefficient change la note sur le papier, pas la température ressentie chez vous en janvier. Un logement mal isolé reste une glacière en hiver et une étuve en été, quelle que soit sa lettre. Pour de vrais gains sur la facture, mieux vaut regarder ce qui se passe concrètement dans les murs : isoler efficacement sa maison reste la seule action qui réduit une consommation réelle. Même logique côté ouvertures : des fenêtres plus économes changent la facture, pas seulement l’étiquette.
Pour les propriétaires bailleurs, la période qui s’ouvre ressemble à un sursis. Un bien qui ne pouvait plus être loué en F ou G peut redevenir légalement louable au 1er janvier 2027, sans un centime de travaux. Une bonne nouvelle financière à court terme. Mais un locataire, lui, continuera de payer la même facture d’électricité qu’avant. Le changement de calcul ne fait rien à ce niveau-là.
Qu’est-ce qui reste incertain ?
Plusieurs conséquences pratiques ne sont pas encore stabilisées. Il est plus honnête de le dire plutôt que d’inventer une règle qui n’existe pas.
- L’effet sur MaPrimeRénov’ n’est pas totalement clarifié. Le montant de l’aide dépend souvent du nombre de classes gagnées après travaux. Si votre logement démarre déjà mieux classé grâce au nouveau coefficient, le saut de classes réalisable peut être plus petit. Donc l’aide plus faible. Sur le montant exact de cette perte pour chaque cas individuel, les données manquent à ce jour.
- Les écarts entre diagnostiqueurs restent un sujet non résolu. Plusieurs témoignages évoquent des résultats différents pour un même logement selon le professionnel consulté. Le changement de coefficient ne corrige pas ce problème de fiabilité de la méthode.
- La stabilité du coefficient lui-même est incertaine. Il est déjà passé de 2,58 à 2,3, puis à 1,9, avant cette baisse à 1,7. Rien ne garantit qu’il ne bougera pas à nouveau dans les prochaines années.
- Le traitement différencié gaz/électricité continue de faire débat. Le gaz et le fioul restent à un coefficient de 1. Cela avantage mécaniquement ces énergies dans le calcul, alors même que la France n’en produit pas. Aucune évolution n’est annoncée sur ce point pour l’instant.
Sur les baux en cours, la question de la renégociation du loyer en fonction de la nouvelle étiquette n’a pas non plus de réponse officielle claire à ce stade.
Quelles sont les questions les plus fréquentes ?
Les questions qu’on nous pose
Dois-je faire refaire mon DPE après le 1er janvier 2027 ?
Non. Une attestation rectificative gratuite est délivrée automatiquement via l’Observatoire DPE de l’ADEME, sans nouveau diagnostic ni frais.
Mon DPE de 2023 ou 2024 reste-t-il valable ?
Oui. Il reste valable et sera recalculé avec le nouveau coefficient sans intervention de votre part.
Comment savoir si mon logement va changer d’étiquette avant 2027 ?
Utilisez votre numéro ADEME, à 13 caractères, sur l’Observatoire DPE ou sur un simulateur comme portail-dpe.fr pour tester le scénario avec le coefficient 1,7.
Mon logement chauffé au gaz est-il concerné par ce changement ?
Non. Seul le coefficient de l’électricité change. Le gaz et le fioul restent à un coefficient de 1.
Est-ce que je perds des aides MaPrimeRénov’ si mon étiquette s’améliore automatiquement ?
C’est possible. Une meilleure classe de départ peut réduire le nombre de classes gagnées après travaux, et donc le montant de l’aide calculé sur ce saut.
Si mon logement sort des F ou G, dois-je encore isoler ?
Le calcul change, pas la consommation réelle ni le confort thermique. Isoler reste utile pour la facture et pour le confort, en été comme en hiver.

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